paris, Fondation Cartier
24/03/2026
Tout est changement quand on visite ce nouvel espace dédié à l’art contemporain. En premier lieu, l’espace. Habitué à la relative modestie, aux transparences et à la verdure du boulevard Raspail, on se demande avec une grande curiosité mâtinée d’un brin d’inquiétude comment Jean Nouvel aura traité ce bâtiment massif, conçu selon les normes énoncées sous le Consulat afin de mettre en valeur le Louvre et les Tuileries et obligé, par des normes impératives, de conserver ses caractéristiques de toujours. Mais j’ai vu immédiatement que le génie de l’architecte, contraint cette fois-ci à une performance sans geste ostentatoire, était parvenu à créer dans cet immense parallélépipède une multitude d’espaces, de niveaux, de circulations qui incitent à la libre déambulation.
En second lieu, j’ai ressenti une impression de réunion amicale, voire familiale, quand on retrouve ces gens qu’on aime mais qu’on avait un peu perdu de vue. En effet, nous avons tous visité les expositions à la Fondation Cartier Boulevard Raspail et apprécié les oeuvres présentées artiste par artiste le plus souvent. Là, c’est différent. Par-delà l’agencement thématique (Machines d’architecture, Être Nature, Un Monde Réel, etc.), ce sont des retrouvailles avec ces artistes que nous vivons. Ainsi : « cette sculpture me dit quelque chose. Ah, bien sûr, c’est Ron Mueck, évidemment ! » Et j’ai envie de savoir comment il va… On rencontre ainsi Christian Boltanski, Olga de Amaral, Solange Pessoa et tous.tes les autres. Ces rencontres au détour des coins et recoins de ces magnifiques espaces suscitent les réminiscences de nos visites boulevard Raspail et humanisent incroyablement l’art.
